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Edito
 

 
"Quand le premier bébé a ri pour la première fois, son rire a éclaté en mille morceaux et ce fut le commencement des contes de fées."
James Matthew Barrie, Peter Pan
 

 "Athée pieds. Voilà ma religion. " 
Elie Semoun




Sale Gosse est mon espace, entièrement rempli de suffisance, de mégalomanie et totalement dépourvu de sérieux, où je vous présente mes Chefs d'Oeuvres littéraires et artistiques ! Car mon plus grand rêve (et il se réalisera j'en suis sûre) est de devenir écrivain célèbre! (Et aussi accessoirement scénariste, sorcière, costumière, pirate, metteur en scène, mousquetaire, illustratrice, princesse, fée et actrice... comment ça c'est pas possible?) Oui oui, célèbre, l'adjectif est nécessaire et obligatoire...

Sale Gosse !  est ouvert à tous, gros, maigres, moches, beaux, jeunes, vieux, goths et pompom girls, croyants et athées, jaunes, blancs, noirs et bleus, mais attention, Sale Gosse! est déconseillé (et non pas interdit, quand même) aux cons!

N'hésitez pas à me laisser vos critiques, surtout méchantes, j'adore ça !


 
You tube

Mercredi 05 Novembre 2008 à 17:25

Publié par Melle Psyche dans News

                     Je me suis ouvert un compte sur youtube il y a maintenant quelques mois. Je n'ai pas grand'chose mais compte tenu du peu de temps que j'ai, je trouve ça plutôt pas mal^^

Ce sont principalement des courts-métrages très courts et surtout très stupides!

                                                                               Mademoiselle Mars

 

Dernière video
 
Des amis blogs, des blogs amis

Samedi 06 Février 2010 à 10:51

Publié par Melle Psyche dans Divers

Je fais de la pub pour deux blogs amis marrants

Caldou et Lilla My

Cyrano encore et toujours...

Vendredi 05 Février 2010 à 23:12

Publié par Melle Psyche dans Divers

Photoshop est mon ami! Je m'amuse bien en ce moment^^
Photoshop c'est cool!!!

Lundi 01 Février 2010 à 18:39

Publié par Melle Psyche dans Divers

 Je commence à m'intéresser de près à photoshop et pour une fois, je vais vous livrer deux avant/après de photos que j'ai retravaillées^^ je voulais ressembler à Adjani sur la seconde
 
Rose
 
 
Margot
 
De la dure réalité de la vie

Samedi 23 Janvier 2010 à 15:28

Publié par Melle Psyche dans Nouvelles

Las de ma petite chaumière perdue dans la cambrousse et surtout réduite à la pauvreté par l’absence de plus en plus notoire de paysans à venir me trouver, j’avais décidé de changer totalement de vie et de m’intégrer à la société, bref, de rentrer dans la vie active, comme ça s’appelait. Quelle ne fut pas mon erreur…

Après de nombreuses péripéties que je ne vous narrerai pas ici par le menu, car il faudrait en remplir de pleins grimoires, j’ai enfin compris qu’il me fallait passer  par une étape importante et dont jusque là j’ignorai tout : le « Pôle Emploi ». Et oui, trouver un travail n’était pas, comme du temps de ma jeunesse, une simple question de volonté.

Quand je me suis établie à mon compte la première fois, il y a bien des années de cela,  jamais je n’ai eu à remplir ni à produire ces choses bizarres qu’étaient un CV, un bail, un diplôme, une carte d’identité ou tout autre document administratif. J’avais envie d’exercer, j’avais le savoir, j’ai trouvé une maison, et je l’ai fait, un point c’est tout. Pour vivre, il ne me suffisait que de tirer l’eau de mon puit, d’aller cueillir mes légumes dans mon potager et d’attendre patiemment que mes clients m’apportent volailles et gibiers en échange de mes services.

Mais la jeune femme chargée de mon « premier entretien » ne l’entendait pas de cette oreille…

— Quel âge avez-vous ? Me demanda-t-elle d’abord, regardant au loin sur cette machine bizarre comme si je n’existais pas (machine qui, je l’avais appris à mes dépends quelques jours auparavant, s’appelait un ordinateur):

— Dix-sept…

— Hum… Elle nota.

— …Cent-quatre-vingt-quatre ans, je crois, achevai-je dans un souffle, si bas qu’elle ne m’entendit pas.

— Un moyen de transport ?

— Euh,  mes pieds… et euh, je vole parfois. Elle daigna quitter des yeux sa machine grise pour les porter sur moi :

— Vous prenez l’avion ? Ce ne sera pas nécessaire, quand vous vous êtes préinscrite, vous avez noté que vous cherchiez un emploi à proximité, non ? Dans les vingt kilomètres. Je hochai la tête, et elle tapota frénétiquement sur son… machin noir plein de boutons. Zut, j’en ai oublié le nom. Je vois là que rien n’est noté dans votre CV, reprit-elle. Qu’est-ce que vous faisiez auparavant ?

— Euh… c'est-à-dire que… rien en vérité. Je n’allais tout de même pas lui dire que…

— Vous étiez au foyer ? M’interrompit-elle. Au foyer ? Foyer, bûcher… Des cris violents me revinrent en tête et me paralysèrent : Au bûcher, au bûcher !

— Alors ? Elle attendait que je réponde :

— Euh,  non,  j’ai eu la chance de ne jamais y passer. Elle haussa un sourcil :

— Ce n’est pas une honte vous savez. Alors ? Je baissai la tête et me mis à rougir. Je sus alors qu’elle notait « femme au foyer » sur sa machine.

— Quelles compétences vous avez ?

Alors là, c’était une question piège. Je savais à fréquenter quelque peu mes paysans qu’il ne fallait pas que je réponde certains mots, qui, à coup sûr,  me trahiraient. Je n’allais pas lui dire tous les mauvais sorts que je savais lancer, l’art délicat de l’assassinat que je possédais au plus haut degré, ou celui plus délicat et puissant encore de la préparation des potions. Quelles belles choses j’avais accomplies autrefois… crimes passionnels, assassinats politiques, intrigues de cour et stratagèmes en tout genre… j’avais été dans les papiers des plus grands, moi ! Et j’avais changé le cours de l’Histoire plus d’une fois. Je l’ai perdu petit à petit,  d’ailleurs, ce cours, si bien que je n’ai plus été vraiment adaptée à ce monde. Ses derniers temps, je l’avoue, je m’étais contentée de tuer des vaches ou des poules, ou de clouer des pigeons morts sur les portes. Et puis, à cause de l’autoroute construite près de chez moi, plus personne n’était venu me voir. J’hésitai longuement :

— Je sais… me servir habilement d’un balai. Elle soupira.

Et c’est ainsi que trois jours plus tard, je me retrouvais à occuper le poste d’ agent d’entretien. Après plus d’une quinzaine de décennies de bons et loyaux services, je me retrouvai à faire le ménage. Vraiment, ce n’est pas facile tous les jours d’être une sorcière en l’an de grâce 2010.

Ce fut le commencement des temps aventureux

Jeudi 21 Janvier 2010 à 22:34

Publié par Melle Psyche dans Nouvelles

 Voilà une nouvelle que j'ai écrite en une soirée et en mélangeant des tas de "débuts d'histoires" pour participer à un concours. Qu'en pensez-vous? Personnellement, je n'aime pas trop la fin.

 

  

Ce fut le commencement des temps aventureux

 

I

 

Violette Cardaël était bibliothécaire. Pendant des années, elle avait cru que c'était le métier de ses rêves. LE métier pour lequel elle était faite. Elle avait fait toutes les études adéquates pour obtenir un poste dans un établissement culturel tant convoité, et elle y était parvenue. Seulement cela faisait quelques mois maintenant que plus rien n'allait. En réalité, l'image qu'elle s'était faite de ce plus beau métier du monde était bien loin de la réalité. Elle avait toujours cru que ça se résumerait à partager sa passion des livres avec le monde entier. Il n'en était rien. Elle n'avait jamais aussi peu lu que depuis qu'elle avait été embauchée à Mirelon.

Déjà, le poste qu'elle avait consistait à équiper des livres à longueur de journée. Un vrai travail à la chaîne... Elle se demandait parfois en quoi ses six ans d'études de Lettres Modernes et Classiques lui étaient utiles pour poser du filmolux proprement sur les couvertures. Elle savait faire ça depuis sa première rentrée des classes. Elle n'avait aucun fonds à gérer et à partager. Pas de secteur sur lequel elle aurait pu régner en maître. Espérer de plus obtenir celui de la littérature, c'était de l'ordre du rêve. Ce secteur, le plus prestigieux selon elle, était tenu depuis plus de quinze ans par un vieil homme acariâtre et de surcroit cul et chemise avec le maire. Impossible de le déloger. Il ne fallait pas y compter.

Quand elle était au public, ce qui à priori aurait pu vous paraître plus agréable, la seule question qu'on lui posait était irrémédiablement: « Où sont les toilettes s'il-vous-plait? ». Pas la moindre petite question du genre: « Pourriez-vous me conseiller un roman policier argentin du XIX ème siècle? », ce qui aurait été tout de même plus intéressant. Alors Violette se les inventait elles-mêmes, ces questions idéales de lecteurs, et enquêtait jusqu'à ce que, telle Dr House, elle ait trouvé la solution à l'énigme torturée de son usager virtuel. Seulement, c'était simplement son cerveau qui était torturé.

Parfois, Violette se disait qu'il aurait peut-être mieux valu installer des robots ici plutôt que des humains aux banques d'accueil, pour répondre aux questions.. Au moins, les robots ont l'avantage non négligeable de ne pas connaître l'ennui. Car l'ennui, c'était ce qu'il y avait de pire. Quand elle travaillait en interne, elle pouvait au moins s'occuper les mains et se forcer à s'intéresser à son filmolux et à la pose des charnières. Au public, elle n'avait que le droit de rester gentiment derrière son ordinateur à l'écran vide et d'attendre sagement que quelqu'un daigne venir lui demander où étaient les toilettes. Elle ne pouvait même pas ranger les livres, parce qu'il fallait le faire en dehors des heures d'ouverture. Violette avait travaillé auparavant dans un musée pour payer ses études. Le musée ou la bibliothèque, pour elle, c'était devenu la même chose: un lieu de culture où les gens vont principalement pour pisser et chier. Il aurait mieux valu utiliser toutes ces foutues subventions pour installer partout des toilettes publiques géantes, sans les livres ni les œuvres d'arts, à part peut-être pour se torcher les fesses. Et encore, le papier des Pléiades est beaucoup trop fin.

L'ennui était pire ici que dans son ancien musée, d'ailleurs. Là-bas, quand il n'y avait pas de visiteurs, elle avait le droit de lire et elle avait des belles choses à regarder. Ici, non. Les étagères grises aux ouvrages parfaitement alignés ressemblaient à des murs de briques et il était interdit de lire pendant le service. Ce qui était tout de même un comble pour une bibliothèque. Il faut dire que le conservateur... était très conservateur. Il fallait être en permanence disponible pour l'usager potentiel, qui bien sûr, ne venait jamais voir les bibliothécaires à l'étage, juste celles du rez-de-chaussée, qui faisaient le prêt. Au lieu d'installer des panneaux pour indiquer les WC... mais non. Le conservateur ne voulait pas défigurer son établissement. Mais, pensait Violette, si on mettait des panneaux, personne ne viendrait plus lui demander quoi que ce soit, et elle s'enfoncerait alors chaque jour un peu plus dans la folie...

Car l'ennui la gagnait, la rendait folle... c'était comme une maladie qui lui engourdissait tous les membres et paradoxalement lui faisait travailler le cerveau à toute vitesse. A chaque heure qui passait, elle sentait ses fesses s'enfoncer dans sa chaise, elle croyait pouvoir voir ses ongles pousser. Elle fixait tant le plafond qu'elle y voyait des dessins se former. Dans un des carreaux blancs, il y avait d'ailleurs un petit chimpanzé qu'elle s'était amusée à surnommer Jack et qui lui tenait compagnie. Quand il n'y avait pas de public, ce qui arrivait souvent, il descendait du plafond et venait bavarder avec elle. Le temps lui paraissait s'étirer plus on approchait de l'heure de la fermeture.

Quand elle rentrait le soir chez elle, il était huit heures, et elle n'avait plus envie de rien faire. Et comme elle n'avait pas d'enfants à s'occuper, pas de mari à aimer, elle se couchait avec les poules, démotivée, après la moitié d'un film, parce qu'elle s'endormait généralement au milieu. Et malheureusement, elle ne lisait plus, c'était un effort intellectuel bien trop lourd pour son cerveau déprimé.

 

II

 

Violette claque la porte derrière elle. Cette journée a été épuisante. Pourquoi est-ce que c'est toujours plus crevant de ne rien faire que de faire du sport, par exemple? Elle a l'impression qu'un déménagement aurait été plus agréable. Au moins elle aurait été utile à quelque chose ou à quelqu'un. Au moins elle n'aurait pas déplacé des choses pour rien. A force de rester bien droite sur sa chaise, elle a un mal de dos atroce et l'impression d'être toute molle, de n'avoir plus l'énergie de rien. Elle jette son sac sur le canapé de toutes ses forces. Elle ne sait pas pourquoi, mais ce soir, elle est énervée.

Enfin si, elle sait pourquoi elle est énervée: aujourd'hui, le conservateur est passé à sa banque la seule fois où elle n'y était pas! Et le pire, c'est qu'elle était en train de ranger les étagères... Pas comme si elle était partie faire une pause sans prévenir. Mais elle n'a pas le droit. Du coup, petite remontrance, sur ce ton bien agréable qu'elle adore. Violette a trouvé ça profondément injuste. Quand on y pense, ce n'est pas très grave, mais il ne se passe tellement rien dans ses journées que le moindre petit événement prend une importance démesurée.

En plus de ça, Violette se sent terriblement seule. Ça fait six mois aujourd'hui que son copain l'a larguée. Elle ne pensait pas que sa déprime durerait aussi longtemps. Elle ne penserait pas que ce crétin l'aurait fait autant souffrir. Violette s'assoit sur le canapé, écrase son sac au passage, le dégage de sous ses fesses et allume la télé. Elle n'a même pas la force de se préparer à manger. Elle se lèvera cette nuit si elle a vraiment faim.

Elle zappe sur la 6. On diffuse un reportage sur Michael Jackson. Le ton est étrange... Violette zappe encore. Et là, sur toutes les chaînes, incroyable, le même message: Michael Jackson est mort. Merde alors. C'est pas possible... C'est une blague... Comment ça se fait qu'elle ne l'a pas su avant? Il est mort la veille au soir pourtant. Oui mais, il n'y a eu personne a la bibliothèque pour en parler, les seuls lecteurs qu'elle a eus étaient des petits vieux qui n'en avaient certainement rien à faire et qui ne le connaissaient certainement pas...

Michael, mort, Non... C'est toute son enfance qui s'envole d'un coup: Heal The worldqu'elle chantait à tue-tête dans la voiture avec ses parents, la choré de Thrillerqu'elle avait mis des mois à maîtriser pour épater la galerie au spectacle de Noël 1999... ça lui fait un choc. Elle se sent bizarre. D'ordinaire, quand une star meurt, elle n'en a rien a faire. Voire même, ça l'énerve. Comme pour Lady Diana, avec tous ces hommages qui avaient duré trop longtemps à son goût, et qui avaient éclipsé la disparition de Mère Theresa.

Sur MTV, ils repassent le clip de Black or White. Et là, elle ne sait pas pourquoi, en le voyant, Violette se met à pleurer. C'est trop. Déjà que sa journée a été pourrie, mais là... elle n'en peut plus.

Quand le clip de Thrillerpasse, juste après, instinctivement, elle se lève, sèche ses larmes d'un revers de la main et dégage du pied les meubles autour d'elle. Ça commence par ce petit mouvement d'épaule saccadé qu'elle adore. Ce type est un génie, pense-t-elle... Il n'y aura plus jamais personne pour danser comme ça. A côté, Kamel Ouali, c'est du pipi de ouistiti. Elle n'a pas oublié les pas, après l'épaule, c'est tout le corps qui semble traversé d'une secousse électrique, depuis le crâne jusqu'à la jambe droite qui se soulève comme celles des grenouilles pendant les expériences de Sciences Nat.

Violette danse, elle adore ça. Surtout le moment où les zombies avancent tous ensemble comme des soldats démantibulés. Elle martèle le sol, un pas après l'autre. Elle se sent bien, libre, vivante, elle se déchaîne comme jamais. Elle prend de plus en plus de place dans son salon, lance ses bras en l'air, menaçante, griffes en avant, elle occupe tout l'espace, son énergie est revenue d'une seul coup.

Violette recule un peu trop, se prend le pied dans la bride de son sac et chute de tout son poids sur sa bibliothèque qui déverse son contenu sur elle. Ensevelie sous le poids soudain de cette montagne de livres, elle perd connaissance et la dernière chose qu'elle entend, c'est:

« Darkness fall across the land ... »

 

III

 

C'était le moment où la nuit étendait ses voiles noirs sur la campagne. La forêt de Brocéliande, prise sous la coupe de l'hiver, semblait sinistre. Violette se réveilla avec un violent mal de crâne. Il faisait froid, et il lui semblait entendre un vent furieux hurler dans ses oreilles. A moins que ce ne soit qu'une hallucination? Avait-elle mal fermé ses fenêtres? Péniblement, elle ouvrit un œil, puis l'autre, et ne comprit pas tout d'abord ce qui lui arrivait: autour d'elle, ce n'était plus qu'arbres, buissons et fougères à perte de vue. En voulant se mettre debout, un vertige violent lui fit tourner la tête. Elle s'adossa contre le tronc le plus proche pour reprendre ses esprits. Il lui sembla que flottait devant ses yeux un kaléidoscope de couleurs et d'étoiles. Elle secoua sa tête et reprit une grande inspiration. L'air était frais, et chargé d'odeurs agréables. De plantes, de mousses, et cette odeur toute particulière et qu'elle adorait de terre mouillée... Une heure à peine avant, elle suait à grosses gouttes sous la chaleur de juillet. A moins que ça ne soit de danser comme une andouille. Bizarre.

Mais où était-elle donc? Au-dessus de sa tête, un pâle soleil d'hiver filtrait péniblement à travers les branches noires et dépouillées d'énormes chênes. En levant sa main pour s'en protéger, car la lumière était trop vive encore pour son crâne meurtri, Violette s'aperçut que son bras était vêtu d'un longue manche de velours blanc. Étonnée, elle tira sur le tissu, et s'aperçut que son jean et son corsage en coton avaient été remplacés par une longue robe médiévale, magnifiquement brodée à la ceinture. Elle souleva sa jupe et découvrit une paire de poulaines en cuir à la place de ses éternelles converses. Maintenant, elle avait l'esprit assez clair pour dire que oui, elle était soit folle, soit en train de rêver. Rêver semblait la meilleure option, puisque tout ici semblait flou, comme à l'intérieur d'une vieille photographie sépia. Oui, cette forêt était vraiment étrange: au sol, une brume épaisse comme tout droit sortie d'un effet spécial de théâtre baignait le pied des arbres. Il n'y avait pas un seul bruit d'oiseau ou d'insecte, ce qui créait une atmosphère sinistre et malsaine.

Un bruit de branche cassée la sortit brutalement de ses pensées: à sa droite, un chevalier tout harnaché de pied en cap s'avançait, sorti de nulle part, monté sur un magnifique Alezan. De peur que de le courroucer, voyant la lourde épée qui battait à son flanc, elle n'osa rien dire. Il était beau, pareil à un prince de conte de fées, tout de rouge et de noir vêtu, avec ses cheveux bruns mi-longs qui lui flottaient dans le cou. Il ressemblait à... euh... une illustration de livre pour enfants. Oui, c'était exactement ça. Son visage était également flou. Violette essaya de faire la mise au point en fronçant les sourcils, mais elle ne fit que loucher.

En la voyant, le chevalier fit faire une révérence digne d'un numéro de cirque à son cheval, et ôta son heaume:

- Belle dame, dit-il, êtes-vous donc une fée, à errer ainsi dans les bois? Et à ce moment-là, Violette s'entendit répondre:

- Beau doux chevalier, qui es-tu ?

 

 

IV

 

Ce fut le début des temps aventureux. Tous les chevaliers du roi Arthur partirent à la quête du secret du Graal, pour ne revenir que quand ils l’auraient trouvé. Thomas chevaucha tout le matin sur un palefroi richement harnaché, jusqu’à pénétrer dans une forêt.

Il vit là venir à lui une pucelle d’une grande beauté, vêtue d’atours d’une grande qualité, d'une couleur blanche qui n'était pas moins que merveille. Elle avait à plein poing de tresses blondes, si brillantes qu’on eut dit de l'or filé.

  • Belle dame, dit-il, êtes-vous donc une fée, à errer ainsi dans les bois? Lui demanda-t-il.

  • Beau doux chevalier, dit-elle, qui es-tu ?

  • Je viens des terres du roi Arthur, je suis compagnon de la table ronde, et j’ai nom Thomas de Berdec, fils de Carmathen.

  • Alors, chevalier, ici t’attends la plus grande de toutes les aventures. Le seigneur de Cardaël a réduit en esclavage tous ces chevaliers et viole les pucelles qu’il cloître en son château. Il est grand besoin d’un brave et vaillant chevalier comme toi pour le défaire et redonner à mon royaume la paix qui était la sienne. Accepte-tu ? Tu remporteras moult gloire.

  • Gente dame, répondit Thomas, honni soit ce méchant sire ! J’irais le combattre jusqu’à ce qu’un de nous deux soit outré, non pour la gloire, mais pour l’amour de vous !

  • Dieu te protège dans ta quête, Thomas le juste ! Voudrais-tu porter mes couleurs et être mon champion ?

  • Avec grande joie !

Alors la demoiselle, qui avait nom Dame Héloïse et était en réalité la Dame de Cardaël elle-même, lui offrit un écu orné d’une salamandre dorée sur fond de sable. Thomas s’inclina jusque terre, et tout armé qu’il était, suivit Dame Héloïse qui le mena en son château. Le sire Morat, seigneur de Cardaël, les aperçut depuis les murailles et cria à Thomas :

Qui es-tu, et que viens-tu faire ici ?

  • J’ai nom Thomas, fils de Carmarthen le preux, suis chevalier de la table ronde et m’en viens vous combattre pour rétablir la justice des bons !

  • Toi ? Tu médis ! Tu ne peux être si preux que tu le prétends ! Que gagnerais-je à combattre contre toi ?

  • Tu gagneras à ne point passer pour un couard !

À cette insulte le sire Morat, piqué de fureur, revêtit son heaume et son haubert et descendit dans le pré, accompagné de ses écuyers qui portaient ses armes. Dame Héloïse trembla dans son cœur pour Thomas, qu’elle trouvait beau et bien fait. Quand Sire Morat vit Dame Héloïse, il entra dans une grande colère et s’écria :

  • Traîtresse, vous engagez un chevalier contre moi ? Et qui porte vos couleurs ? Sachez que je prendrais ma vengeance ! Je mets en gage non pas ma réputation, mais vos faveurs !

 

Dame Héloïse pria alors de toutes ses forces que ce fût Thomas qui remportât la victoire, et non le sire Morat. Car à voir le visage si beau de son champion, elle sentit qu’elle l’aimait. Les deux hommes se jetèrent l’un sur l’autre avec moult rage. Peu s’en fallut que Thomas fût étourdi par le rude coup que lui donna Morat, mais sa lance habile avait atteint le poitrail du félon et le désarçonna. Le combat continua à l’épée. Morat donna un coup de la pointe qui blessa Thomas à l’épaule, mais celui-ci ne ressentit guère de douleur. Il frappa à son tour et fut si vite que le félon ne put parer l’attaque. L’épée le coupa en deux depuis le heaume jusqu’en bas, comme les deux moitiés d’une pomme. Dame Héloïse fut bien aise de voir que son champion avait hardiment occis le seigneur félon.

Mais le conte laisse là de cette aventure et retourne aux aventures de dame Violette dont il n’a rien dit depuis longtemps.

 

V

 

Violette culbuta en arrière et se retrouva sur ses fesses, au beau milieu de son salon. L'hiver avait de nouveau fait place à la chaleur étouffante de juillet, et les belles couleurs floues digne d'un tableau à l'huile avaient disparues. L'espace d'un instant, elle venait d'être projetée au milieu d'une histoire abracabrantesque dont elle n'avait pu se défaire. Comme un pantin dont on manipule les fils, quelqu'un, ou quelque chose, avait tiré les ficelles de son corps et de sa voix afin qu'elle joue une partition bien comique. Ce n'était pas elle qui avait pensé les mots qu'elle avait prononcé, et ce combat épique dont elle avait été l'instigatrice était celui d'une autre qu'elle...

Vraiment, quel drôle de rêve! D'habitude, elle arrivait à contrôler ses élucubrations oniriques, mais là... Elle avait du se cogner la tête vraiment très fort quand elle était tombée contre la bibliothèque. Ou bien c'était la solitude qui lui faisait chauffer le ciboulot... La télé tournait toujours, et maintenant, c'était Beat It que Michael hurlait. Marquant le tempo de sa tête, elle se mit à genoux et envisagea l'étendue des dégâts: ses livres étaient tous éparpillés sur le sol et certains étaient ouverts comme des oiseaux à l'envers. Cela lui fit mal au cœur et elle s'empressa de les fermer: elle avait toujours détesté les tranches pliées et les coins cornés. Pour elle, voir quelqu'un souligner ou écrire des notes dans la marge était un sacrilège. Elle aurait pu ramener tous ses livres pour les faire rembourser dans une librairie sans qu'on puisse douter une seconde qu'ils avaient été lus. Et pourtant, ils avaient tous été lus, et pour certains, relus plusieurs fois.

Elle commença à faire une pile bien alignée des ses ouvrages et ramassa une traduction moderne de la quête du Graal,sur laquelle elle s'attarda. Tiens, cette couverture, se dit-elle, me rappelle quelque chose! Elle retourna le livre pour lire le nom de l'illustrateur: Edmund Blair Leighton. Mais bien sûr... Son rêve... Il ressemblait à ce tableau! Encore intriguée par celui-ci (ou bien n'était-ce que simple curiosité) elle l'ouvrit au hasard. Atterrée, elle remarqua que presque quinze pages avaient disparu au milieu. Elles étaient blanches, entièrement blanches, comme si rien n'y avait jamais été imprimé. Pourtant, elle l'avait lu celui-là aussi, de livre, et il n'y avait jamais eu de défaut d'impression! Que se passait-il?

Et puis, une tâche noire apparut sur la première, qui se mua en une lettre. Un V. Puis un I, un O, et la cadence s'accéléra. Il y eut bientôt toute une phrase et Violette put lire:

« Violette Cardaël était bibliothécaire. Pendant des années, elle avait cru que c'était le métier de ses rêves. Faites en sorte, ma chère Violette, que vos rêves dévorent votre vie, de peur que la vie ne dévore vos rêves...»

 

Et ce fut le commencement des temps aventureux.

 

Mon costume d'Emily

Dimanche 17 Janvier 2010 à 14:43

Publié par Melle Psyche dans Articles par défaut

Pour une soirée, je me suis concocté un costume d'Emily, dans les Noces Funèbres: portrait en pied et gros plan:

 

Mon avatar

Samedi 09 Janvier 2010 à 10:18

Publié par Melle Psyche dans Articles par défaut

Bizarrement c'est avec la tête de l'homme que ça marche le mieux^^

Parodie

Vendredi 08 Janvier 2010 à 18:03

Publié par Melle Psyche dans Articles par défaut

On m'a offert ça et j'adore!
David Bulle

Mercredi 02 Décembre 2009 à 18:12

Publié par Melle Psyche dans Divers

Rares sont les fois où j'ai fait de la pub pour quelqu'un d'autre que moi, narcissique que je suis^^ Mais une fois n'est pas coutume, je vous présente David Bulle, un artiste qui est meilleur que moi!

http://davidbulle.free.fr/

Couverture de Porcelaines

Mercredi 02 Décembre 2009 à 17:46

Publié par Melle Psyche dans Mes trucs à ouam question listesratures

Et voici, créée par David Bulle, la couverture de mon roman Porcelaines.
Pas mal non?
Pénélope Bagieu

Jeudi 19 Novembre 2009 à 19:08

Publié par Melle Psyche dans Divers

J'ai découvert Pénélope Bagieu grâce à une amie, et toujours, je trouve ses gags plutôt vrais, mais particulièrement ces deux-là:
Cinémanews 3

Vendredi 13 Novembre 2009 à 20:30

Publié par Melle Psyche dans Mes flims à ouam

Voici le troisième numéro de CinéManews, le magagazine cinéma indépendant et dépendant de la poudre de fées!
Au programme: une parodie des Liaisons dangereuses, une publicité inspirée de Pleasantville, un hommage à Miss Monroe et surtout, une interview exclusive de Mary Steenburgen à propos de Retour vers le Futur 4!
Amusez-vous bien!

 

Les Snobs de Bordemarge

Samedi 05 Septembre 2009 à 22:22

Publié par Melle Psyche dans Divers

Bonjour à tous et à toutes!

Je viens de créer un forum totalement snob et complètement inutile pour pouvoir avoir des sujets de conversation évolués^^

C'est par ici:

http://lessnobsdebordemarge.forumactif.net/index.htm

Eléa de Malemort

Jeudi 03 Septembre 2009 à 10:46

Publié par Melle Psyche dans Romans

Ayant enfin terminé Porcelaines, je m'attelle sérieusement et depuis quelques mois à la rédaction d'un nouveau roman. Je dois avoir terminé pour le 1er mars et ça risque d'être dur, parce je n'ai pas réussi à écrire ni créer quoi que ce soit depuis février dernier et je vous assure que c'est compliqué de s'y remettre, du moins, de se remettre à quelque chose d'aussi sérieux et long... Mais comme dit la fable, faut faire la tortue,

Pour l'instant, ça s'appelle Eléa de Malemort, ça évolue assez vite, et il y a 80 pages!

Extrait:

Des maisons encore fumantes des incendies qu'on y avait propagé, des terres désolées et des forêts noires dans lesquelles personnes n'osait s'aventurer de peur de ne jamais en sortir, voilà ce qu'était devenue Malemort. Autrefois, il y avait eu des jardins et des vergers luxuriants, des maisonnettes accueillantes aux portes ouvertes et des campagnes riches et ensoleillées. Autrefois, on savait s'amuser et on n'avait pas peur du lendemain.

Mais tout cela avait disparu quand Agénor le terrible, Agénor Koris le tout-puissant, avait étendu sa main sur ces terres qui étaient alors devenues siennes. Les arbres ne portaient plus de fruits, la terre était rétive, les paysans avaient fait poser des verrous sur leurs portes et c'était comme si la ruine, la misère et la désolation avaient, tel un brouillard, étendu sur toutes choses leur empire désastreux.

A Malemort-la-Grise, les loups hurlaient et les gens n'osaient plus rire ni chanter. A Malemort, on gardait les yeux baissés, ses pensées pour soi et ses mains dans ses poches.

On n'avait plus donné un bal depuis que la petite Irisha avait convolé en justes noces avec Ellan, un gars de Lonmale, le village d'à côté, et c'était il y avait bien longtemps... La petite Irisha n'était plus petite et elle avait trois enfants. Il était bien loin le temps où son mari l'avait fait s'envoler dans ses jupons blancs.

A Malemort, les enfants étaient une malédiction. C'était désespérant de mettre au monde des gamins qui pour la plupart ne dépasseraient pas quatre ans et devraient subir chaque jour de leur vie la misère, la famine et la cruauté. C'était désespérant de voir grandir des enfants qui deviendraient des adultes sans rêves et sans espoirs.

 

 

Tout en haut du plus vieil arbre qui dominait la forêt de Malemort, une feuille couleur de cuivre, la dernière, se détacha de la plus haute branche et vola paresseusement jusqu'au château. Un tourbillon chargé d'une odeur de terre mouillée la déposa sur le rebord de la fenêtre de la tour nord.

Eléa leva la tête pour la suivre des yeux, soupira après elle, et les notes d'un lointain instrument de musique parvinrent jusqu'à elle. Elle regarda ce qui restait dans son seau et, constatant qu'il n'y avait que peu de graines à distribuer, vida le tout à ses pieds au lieu de l'éparpiller correctement comme le lui avait appris Kayla. Elle savait pourtant que si elle voyait ça, elle aurait droit comme à l'accoutumée à son lot de corrections, mais à chaque fois c'était pareil, elle ne se souciait pas des conséquences. Mais quel enfant si jeune s'en soucie, à vrai dire? Elle essuya ses mains pleines de poussière sur son tablier. Elle trouvait drôle de voir les poules se battre entre elles pour un grain de maïs: c'était comme les mendiants quand dame Edelinde lançait une poignée de pièces sur le sol, les rares fois où elle descendait au village pour se faire coudre des robes. Comme elle l'avait espéré, la volaille se précipita sur le tas en caquetant désagréablement. Elle esquissa un sourire, et se rendit compte qu'elle n'entendait plus la musique. D'où cela venait-il, d'ailleurs? Elle ne savait pas qu'on jouait ici en dehors des soirs de fête.

Eléa rentra dans l'étable contiguë au château et posa le seau à côté de la porte, à sa place, avant de rejoindre l'escalier réservé aux domestiques. Même vide, ce seau lui tirait le bras, ça l'élançait dans toute l'épaule. Eléa la massa en grimaçant : l'hématome tirait au vert et au violet. Celui-là, elle l'avait récolté il y a trois jours, parce que Kayla l'avait surprise à parler à haute voix à Alec. Ça ne faisait pas de parler à un chien. C'était les fous et les sorcières qui faisaient ça. Mais aussi, cette petite chienne était peut-être la seule compagnie que la gamine avait...

De l'intérieur, les notes de musique parvinrent de nouveau à ses oreilles. Les épais murs en pierre, dans le couloir, amplifiaient les sons. Au lieu de monter jusqu'à sa chambre, qui était aussi celle de Kayla , Eléa décida de continuer à grimper les escaliers. Elle pouvait bien perdre quelques petites minutes avant d'aller remplacer la paille des animaux. Un instant, la culpabilité la saisit, mais s'envola rapidement. La musique l'attirait, et elle voulait savoir qui jouait. Les sons se firent plus présents. C'était un peu comme cet instrument dont on jouait parfois les soirs à la cour. Eléa avait souvent entendu de la musique quand elle devait coudre près de l'âtre, et elle aimait beaucoup ça: les conduits des cheminées se rejoignaient et faisaient résonner les voix les plus fortes.

Tout en haut, l'escalier se divisait en deux et la musique semblait venir de celui de droite, celui, malheureusement, qu'elle n'avait pas le droit d'emprunter. Au delà de cette zone, les filles de ferme ne pouvaient pas se montrer. C'étaient les appartements des nobles. Mais la curiosité était trop forte, et à cette heure matinale, tout le château dormait encore. Kayla était partie au marché, elle ne pourrait donc pas la voir ici. Et puis elle était si petite: avec un peu de chance, personne ne la remarquerait. Elle grimpa donc les marches. L'escalier de droite tournait sur lui-même et arriva sur un palier où plusieurs portes s'alignaient. Elle poussa la première, une appréhension lui serrant le ventre.

Derrière, c'était un long couloir aux torches alignées à hauteur d'homme. La musique se fit plus forte à mesure qu'elle avançait, elle savait désormais qu'elle venait de la porte au fond. Elle avança prudemment, et resta immobile, de peur que quelqu'un la surprenne là où elle ne devait pas être, où de déranger le musicien si elle respirait trop fort. La musique l'enveloppa et après de longues secondes, les battements de son cœur se calmèrent: elle osa s'asseoir par terre. Elle posa sa tête sur ses genoux, ramassa ses jupes autour d'elle et ferma les yeux. C'était comme si la porte n'existait pas et ne la séparait pas de la merveilleuse musique et de son merveilleux interprète: les sons se répercutaient si bien sur la voûte et les murs qu'ils semblaient venir de partout et l'entourer d'une présence physique.

C'était comme si en un instant, Eléa avait été plongée dans un autre monde. Plus rien n'existait à part les émotions que provoquaient en elle les accords du musicien. C'était changeant, libre, toujours différent; un instant cela semblait le battement d'ailes d'un oiseau, un autre, un ruisseau dont elle aurait perçu le bruit de la moindre goutte. C'était joyeux, frais. Eléa oublia le froid qui l'entourait depuis sa naissance et imagina malgré elle un soleil ardent comme un feu de cheminée. Elle oublia l'odeur du fumier de ses vêtements, elle oublia la pluie qui tombait depuis qu'elle était née: elle se retrouva dans l'odeur des fleurs des femmes du château et sous la chaleur d'un soleil qu'elle avait peut-être connu il y a très longtemps. Les notes étaient comme autant d'éclaboussures, d'éclats de rires, de perles de rosée égrenées. C'était comme si elle n'avait pas à travailler tous les jours, qu'elle devenait légère et qu'elle n'avait plus rien à porter: ni seaux, ni coups, ni foin, ni tracas. Elle sourit sans s'en rendre compte.

Puis le musicien s'arrêta. Le silence tomba sur Eléa comme un lourd manteau de laine. Le couloir noir aux torches éteintes refit surface et ses oreilles bourdonnèrent. Elle aurait voulu que cela recommence. Et cela recommença. Trois notes d'accord, puis la mélodie.

Mais ce n'était plus la joyeuse musique chaleureuse qui s'éleva. C'était une lamentation, l'écho d'une voix triste et grave qui disait ses peines. C'était les pleurs d'une amante délaissée, d'un vieil homme fatigué, les tristesses portées tous les jours par ceux qui attendent. Eléa s'en trouva toute retournée. Elle ne pouvait se satisfaire de la musique. Il fallait qu'elle sache qui était cette personne qui pouvait faire naitre de ses doigts agiles des choses aussi belles et aussi différentes.

Tout en essayant d'être la plus silencieuse possible, elle se pencha lentement pour finir à plat ventre sur le sol. Entre la porte et le sol, il y avait un petit espace, creusé par les milliers de pas qui avaient passé ce seuil, suffisant pour qu'elle puisse y voir d'un œil. La joue collée sur la pierre froide, elle distingua le bas d'un instrument en bois qu'elle n'avait jamais vu de sa vie, mais qui ressemblait à une lyre gigantesque, et un pied qui appuyait et relâchait sa pression sur une pédale accroché à cet instrument. C'était une chaussure d'homme, un soulier de cuir marron fermé par un lacet, et un bas de pantalon brodé à la manière des riches de Kiwardhin, quand elle les apercevait de loin rendre visite au Seigneur.

Eléa s'étonna: à écouter ces mélodies, elle avait cru que la personne qui les exécutait était une femme. Il fallait selon elle des mains douces et fines pour créer une musique aussi parfaite. Elle se releva doucement et repris sa position, les bras autour des genoux. Après les lamentations, ce fut une danse légère, puis de nouveau quelque chose qui semblait un chant d'oiseau. Eléa ferma les yeux, sa tête bascula, et toute la fatigue qu'elle avait accumulée ces dernières nuits s'abattit sur elle. Elle commit l'erreur de s'endormir.

J'aime/je n'aime pas...

Mardi 25 Août 2009 à 20:16

Publié par Melle Psyche dans Divers

A la manière d'Amélie Poulain...

 

  • J'aime l'odeur de la boulangerie un matin d'hiver, quand il fait encore nuit et que je me rends au boulot

  • Je n'aime pas les asticots qui grouillent

  • J'aime réussir quelque chose dont tout le monde me croyait incapable

  • Je n'aime pas le crissement des ongles sur du tissu rêche

  • J'aime les pétales de cerisier qui volent en avril

  • Je n'aime pas le moustique récalcitrant et invisible qui me vrombit à l'oreille les nuits d'été

  • J'aime prendre un bain chaud le soir quand j'ai marché et eu froid toute la journée

  • Je n'aime pas qu'on prétende tout savoir, et mieux que moi, sur un sujet que j'ai étudié ou qui me passionne depuis des années

  • J'aime danser comme une folle sur du Mickaël Jackson

  • Je n'aime pas qu'on vienne m'ennuyer quand j'en suis à la dernière page d'un très bon roman

  • J'aime les dégustations gratuites dans les magasins

  • Je n'aime pas attendre le téléphone à la main que la personne que j'attends m'appelle enfin

  • J'aime les débuts des histoires d'amour (parce que j'ai plus souvent eu droit à des fins...)

  • Je n'aime pas qu'on me mente parce qu'on ne me fait pas confiance

  • J'aime avoir l'impression de me retrouver dans le passé

  • Je n'aime pas avoir tant de choses pénibles à penser et à gérer que je ne sais plus quoi faire et par quoi commencer

  • J'aime les échantillons gratuits collés dans les magazines

 

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